La dernière campagne de pub de Oui FM. C'est très marrant, le seul hic c'est que comme me le faisait remarquer un ami les Ramones ne sont pas particulièrement présents dans la Playlist de Oui FM. C'est étrange cette façon de vouloir à tout prix s'approprier les groupes qui sont devenus à terme des "icônes" du rock. En week end à Paris, j'ai croisé avant hier l'archétype du connard trendy de la rive gauche en jean slim veste cintrée sombre et bonnet rayé noir et blanc type Louis Garrel. Jusque là rien de grave. Si ce n'est qu'il portait en bandouillère un sac à main (?) qui reprenait la pochette archi-connue réalisée par Andy Warhol pour le Velvet Underground. Si encore c'était la pochette d'un album de Priscilla ou Vincent Delerm j'aurais salué l'auto-dérision mais là, cete façon de se prendre au sérieux de la part de petits cons qui n'en peuvent plus de clamer leur fidélité à Télérama, ça me tue à petit feu. Attention, je me met en mode Philippe Manoeuvre : Chaque fois que le rock est à la mode il meurt une nouvelle fois. Le rock est un cadavre qui n'en finit plus de ressuciter, c'est un peu la thèse du livre que je lis en ce moment, "Nous sommes jeunes et nous sommes fiers" de Benoit Sabatier. Et c'est très très bon à lire.
Enfin pour en revenir à cette question de look, je ne comprends plus rien. Cela fait depuis l'été 2005 que je ne suis plus à Paris qu'en week end ou en vacances et chaque fois que j'y reviens, je m'y sens un peu plus étranger. Avant les gens s'habillaient avec des choses simples, les cadres en costumes, les ouvriers en bleus de travail, les "étudiants" avec des pulls, un peu à la mode des Playmobils 1ère génération, et les choses étaient claires. Mais l'inversion des valeurs qui a connu un nouveau souffle dans les 90's et le jeunisme à outrance ont fait des ravages et désormais les "ados" (que ce terme est laid) et les "adulescents" (encore plus moche), ne savent plus sur quel pied danser la Tecktonik. La cour des miracles de l'ancien régime a connu ces derniers temps un revival phénoménal. C'est juste que, du 2nd arrondissement ou elle se tenait jadis, elle s'est déplacée un peu plus au Sud, vers Châtelet et la rue de Rivoli. Là tous les Week end, je croise de misérables êtres vétus de fluo, qui semblent sortis du plus confiné des espaces-temps, et qui s'adonnent à leur passion tectonique en pleine rue en sirotant des cocas sans gaz du McDo. Ils me semblent tellement étrangers que j'ai envie des les prendre par la main et de leur demander dans un élan de philantropie "Dessine moi la Tecktonik" ou encore "Raconte moi la coupe mulet". Enfin, ceci mis à part, je reconnais que j'ai néanmoins une pointe d'admiration pour leurs performances physiques, même si elles ne les empêcheront pas de finir RMIstes. (C'est éxagéré et méchant mais ça fait du bien).
Asservissement moderne dans la Patrie des Droits de l'Homme
Sinon et comme je suis généreux par nature, je vous dévoile ce qui d'après le vendeur du Virgin des Champs devrait faire un carton d'ici 6 mois en France, c'est le groupe "Cinema Bizarre", même le nom est nul, qui a éclipsé les Tokio Hotel depuis longtemps dans la patrie de Goethe. (Tokio hotel et Goethe dans la même phrase c'est fun). C'est nul à braire des heures durant, d'autant plus que les musiques sont avant tout des samples de morceaux connus de groupes connus. Sinon ils ont des looks de Dragon Ball et sont sensés être "gothiques". Voila comment ils ont perverti par exemple "Everything Counts" de Depeche Mode.
Je suis actuellement (et ce pour des raisons diverses et variées) dans l'incapacité d'écrire autant que je le voudrais sur ce blog, et je dois avouer que c'est assez frustrant car ce ne sont pas les idées qui manquent...Bon, mais je vais me rattraper bientôt. En attendant je poste cet épisode d'"Amour Gloire et Débats d'Idées", une série formidable réalisée par Nicolas et Bruno. Je sais c'est un peu facile de se contenter de poster une vidéo, en fait je préfère cent fois écrire mais bon si je peux faire découvrir ce monument insoupçonné de l'humour français à tous ces gens nés trop tard ou encore à ceux qui ne regardaient pas l'émission de Karl Zéro sur Canal+ vers 97-98, j'aurais fait quelquechose de bien cette semaine... Pour ceux à qui ça plairait, il ya l'intégralité des épisodes disponibles sur youtube et dailymotion, histoire de tuer bêtement son temps.
J'adore ce genre de titres qui ne veulent rien dire, ça fait très édito de Rock'n'Folk, genre LA question qui empêche tout le monde de vivre sereinement etc...En matière de musique en général, et de rock en particulier on peut dire n'importe quoi pourvu qu'on le dise avec aplomb ; celui qui se trouve en face de vous croira que vous vous y connaissez grave plus que lui et il acquiesera en silence. Par exemple : "Les Kyo ont tout piqué aux Yardbirds" (personne n'écoute plus les Yardbirds) ou encore "D'un certain point de vue Rammstein c'est l'avenir du easy listening" (plus c'est gros et plus ça impressionne.)
Je suis fan des discussions de passionnés, comme celles que j'avais l'habitude d'entendre chez un disquaire niçois-devenu un ami, du temps ou j'y ai séjourné (à Nice, pas dans le magasin de disques). Récemment j'y suis retourné et j'ai pris part à une discussion enflammées sur les 80's:
- C'est simple dans les 80's tu avais les popeux (!) qui vénéraient les Smiths et les corbeaux qui suivaient les Cure ; New Order faisait la jonction entre les deux - New Order de la pop? N'importe quoi! - Je te parle pas de l'esprit évidemment indé mais dans les faits tu dois l'admettre, New Order était pop - Non mais tu déconnes là, j'te le dis! etc..."
J'ai appris que Mika allait faire un concert au Parc des Princes. Je suis furieux qu'il vienne salir cet endroit sacré pour venir y couiner "Big girls you are beautiful". "Hein quoi t'aimes pas Mika, c'est pas possible, Mika c'est GE-NI-AL!"...Non je le hais vraiment, d'ailleurs les mêmes gens qui écoutent Mika sont ceux qui vous répondent quand vous leur demandez ce qu'ils écoutent comme musique "J'écoute de tout" souvent accompagné, on sait pas pourquoi par "sauf du rap" ; ou encore "J'écoute NRJ". Ca peut paraître idiot mais ces seules phrases me font fuir à des lieues. Ce sont des réponses très souvent données par des gens dont les films préférés sont "Forrest Gump" et "Le Cercle des Poètes Disparus"
Tout ça pour dire qu'en ce moment j'écoute deux groupes américains pas mauvais du tout. Le premier, relativement connu, c'est "The Bravery" que j'ai découvert en permière partie de Depeche Mode il y a 2 ans. Si vous abordez le sujet "The Bravery" avec un expert autoproclamé il faut rappeler en préalable que oui ce groupe n'a rien inventé, que le premier album dont la vidéo ci-dessous est extraite c'est grosso-modo du pompage de New Order -justement- et de pleins d'autres groupes...Oui et alors? Le résultat est pas dégueu à mon goût.
Je vous conseille de mettre le son dans la cas ou vous regarderiez ce petit clip de leur passage à TOTP (Top Of The Pops bien sûr quoi...) ; dans le cas contraire vous pourriez croire qu'il s'agit d'une publicité croisée pour H&M et les gels Vivelle Dop.
Le second groupe présente un avantage majeur, c'est qu'il est inconnu ou presque en France. Il s'agit des "Scissors for Lefty". C'est donc trop la classe d'aller coller le vendeur du rayon rock indé du Virgin avec le nom d'un groupe qu'il ne connaît même pas alors que c'est son boulot (éspèce d'ignare, réveille-toi ça fait un carton du côté de San Francisco) Ce qui est pas mal aussi , c'est de glisser le nom du groupe dans une conversation, juste pour entendre son interlocuteur reprendre "tu confonds pas avec les Scissors sisters?" Mais non connard les "Scissors sisters" c'est aussi un truc pour les fans de Forrest Gump.
Pour ma part j'ai découvert ce groupe par Technikart, c'est dire si la caution morale est importante. Dans tous les cas j'aime beaucoup leur musique, au point de leur pardonner d'avoir tout pompé, eux, à "Pulp". (Oui j'accorde on pardon, je suis trop gentil mais c'est que, d'avoir fait un clip aussi bizarre je me dis qu'ils ont vraiment tout compris à la branchitude, je m'incline...)
Pour en finir avec le cinéma français, un petit sketch que je n'avais pas vu depuis des lustres, et auquel j'ai pourtant tout de suite pensé en sortant de la séance de "Actrices" l'autre jour. Il n'y a rien à enlever, c'est trop bon!
Louis Garrel, le Jim Morrisson du Bon Marché : "Je vous enmerde tous"
Avec La Fille, nous sommes allés voir un film intelligent au cinéma. "Actrices". On s'est dit qu'on irait voir le premier truc au pif et puis, non pas "Arthur et les minipunks" (titre approximatif désolé), pas ça c'est nul, donc "Actrices", un film avec une affiche avec une palme dessus = un film chiant. Comment reconnaître un film intelligent? C'est celui qui prend les spectateurs pour des cons. Si vous regardez un film et que tout d'un coup c'est le générique de fin sans savoir pourquoi et que vous vous dîtes dans la foulée "Mais qu'est ce que c'est que ce bordel!", c'est que vous venez de voir un film intelligent. Il ne faut surtout pas les critiquer: plus c'est n'importe quoi, plus on bite rien, c'est moche, improbable, glauque de façon gratuite, malsain etc...et plus le film que vous avez vu est un film d'auteur.
Ce film est réalisé par Valeria Bruni la soeur de Carla. On lui donnerait le bon Dieu sans confession avec sa blondeur enfantine et ses grands sourires généreux ; en fait on se rend compte au vu de son film que c'est une sale connasse prétentieuse. Victime de travers pédophiles, elle est maquée avec un acteur du film, Louis Garrel, le futur beauf de Sarko qui a l'age de son fils aîné (à Sarko). Ce mec est le roi des connards, il se prend pour Jean-Pierre Léaud (il le revendique), pour ma part je dirais que c'est au mieux un ersatz de Mannequin pour la collection homme d'Agnès B, en plus prétentieux. Je me la raconterais 1/5ème de ce qu'il se la raconte que mon père m'aurait mis deux baffes depuis longtemps. Je vais même tomber dans un langage très pauvre et lui dire "va te coucher gros blaireau, refais ta vie".
Sinon, hier j'ai été chez le coiffeur (très cher) dans le 16ème, avenue Mozart. Se rendre dans un salon de coiffure avenue Mozart, c'est mettre le pied dans un antre gardé par une armée de pétasses ménopausées qui dépensent joyeusement les thunes de leur mari adultère, et qui vous dévisagent, puis vous toisent derrière leurs "Voici" dans une ambiance de western, histoire de bien vous faire sentir à quel point vous êtes chez vous. Moi je ne tiens pas à leur ressembler, elles ont les cheveux dans toutes sortes de papiers alimentaires (film plastique, aluminium) qui donnent l'impression qu'on leur a posé de gros kebabs sur la tête. Enorme contraste donc, avec les sourires surfaits des coiffeurs(euses) qui vous accueillent. Je me méfie toujours des gens qui me sourient sans me connaître. Là en l'occurence, le sourire fait partie du forfait à 30euros. Et bien, chez le coiffeur, donc, j'ai lu un interview de Barbelivien donnée à Voici, qui taillait Bénabar au motif qu'il n'avait pas de belles mélodies. J'étais aux anges, c'est exactement ce que je pense et personne ne le dit jamais, tant le Bénabar a accédé au statut de personnage sacré.
Aujourd'hui je suis rentré de vacances par la route. Sur l'autoroute, j'ai pu lire le message suivant sur un panneau lumineux "Animal errant à 22km, prudence". J'ai tout de suite pensé au sketch de Bigard (désolé) sur la famille qui envisage d'annuler ses vacances après avoir lu un panneau "risques de chutes de pierres" sur la route. Un animal errant, c'est étrange. Si on précise pas de quel animal il s'agit mais qu'on prend la peine de le signaler à tout le monde, c'est que c'est peut être un truc hyper dangereux mais qu'on ne veut pas faire peur au gens, voila ce que je me suis dit. Je me voyais déja encastrer ma voiture dans les pattes d'un Rhinocéros, avec des gendarmes qui se déchargeraient au motif que c'était indiqué. Un Rhinocéros très con en tout cas, parcequ'il pourrait bien avoir traversé l'autoroute, mais je ne vois pas l'intérêt immédiat pour lui d'errer SUR l'autoroute. Peut être un tournage de Jackass pour Rhinocéros. Assez de divagations.
Enfin, pour revenir au film "Actrices", cette séance de ciné m'a permis de voir la bande-annonce du prochain film de Klapish.
Klapish, c'est l'éternel générateur de clichés. C'est tellement bon à voir, parcequ'on se plait tous à se reconnaitre dans ses personnages, qui, à notre différence, évoluent avec de la musique en fond dans un monde ou les vendeurs de légumes et les profs de fac sont des stars de cinéma. L'espace d'un film on se plait à frôler les grandes questions que sont la vie, la mort, l'amour, les amours impossibles, la joie, la peine, mais on les frole simplement, à leur surface, pour en garder le côté plaisant, sans effort. Pour fédérer un peu plus les spectateurs dans cette communion, on rajoute du Keane en bande sonore, "Everybody's Changing" (j'ai bien dit EVERYBODY), et on donne au film un titre bien bien universel, "Paris". Pourquoi pas "Pontoise" ou "Pantin"? Je vois bien ça moi, Romain Duris dans "Pontoise", un film de Cédric Klapish. Non, je demande pourquoi mais j'ai déja donné la réponse. Je ne critique pas du tout le travail de Cédric, (oui j'ai bien le droit de l'appeler Cédric pour me la raconter un peu non?), je ne critique pas, je souligne juste, parcequ'au fond j'adore ses films même si j'ai du mal à le reconnaître, simplement parceque je sais qu'il y a 99% de chances que la fille devant moi dans la queue du Monoprix, voir celle qui me sert mon McDrive A-DO-RE aussi.
Quoi? Je suis puant, je vire à la Louis Garrel? Ne me mettez pas en face de mes contradictions ou on va pas être copains...
Comme je l'expliquais dans le post précédent et contre toutes attentes, cette année j'ai fait des courses pour Noel. Et c'est dans l'enfer de la Fnac Saint Lazarre gavée de CSP+ stréssés en manque d'idées de cadeaux la veille du jour fatidique que j'ai eu la joie de tomber sur le coffret DVD des 3 épisodes de Rambo. J'ai pensé que ça me ferait sûrement plaisir à moi de le recevoir pour Noel alors je me le suis offert (et en effet j'avais vu juste, parceque je me suis auto-remercié par la suite).
Rambo, c'est toute mon enfance. Ca peut faire un peut peur dit comme ça, mais c'est que, né dans une famille pas mal portée sur la chose militaire, mes parents voyaient d'un très bon oeil que dès mon plus jeune âge je passe mes après-midi à regarder les exploits d'un héros qui massacrait ses ennemis à grands renforts d'explosifs.
Ken pète un cable
Or, quand j'aborde le sujet de Rambo avec des amis, ce dernier appelle toujours les mêmes réponses "Trop con Rambo, truc de débiles, bourrin etc...". Certes, la plupart des personnes qui s'expriment de la sorte sont des femmes. Cela dit je rêve d'un monde ou tous les individus sans différences de sexes reconnaitraient les mérites éminents des épisodes de Rambo, et notament cette façon si incisive de nous interroger sur notre condition d'Hommes (et de Femmes) dans les premières années du 3ème millénaire.
Un monde en somme ou personne n'aurait honte de répondre à l'invitation "Tu nous accompagnes à la restropective Costa Gavras au Mk2 de la Villette?" par un "Désolé j'assite déja à la projection de la version longue de Rambo II (la mission) suivie d'un débat avec Sylvester Stallone, Hulk Hogan et Luc Ferry sur la place de la mort dans nos sociétés contemporaines".
Ensemble, réapprenons à voir au delà des apparences et saluons comme elle se doit cette oeuvre qui n'a pas fini de constituer une des plus belles mises en abîme de l'Humanité moderne.
D'ailleurs Rambo est il moderne? Très peu en apparence: Il n'est pas très enclin au dialogue, plutôt macho dans l'apparence, il est plutôt favorable au lobby pro-arme et sans doutes à la peine de mort. Et pourtant...Rambo est on ne peut plus roots, à 200% dans le trip bio-écolo (grand fan de sorties en forêt) et médecines naturelles (il n'y a qu'à voir comment il se soigne lui-même). Avec son bandeau en tissu sur le front, on le croiserait dans la fosse au concert de Manu Chao qu'on ne s'en émeuvrait pas. Et puis il faut voir le soin qu'il apporte à son corps; cette allure de VIP du gymnase-club chère aux métrosexuels feraient presque oublier sa brutalité tant décriée (pourtant par ailleurs tellement tendance en banlieue la nuit de la Saint Sylvester euh...Sylvestre).
Fan-club Suédois de Rambo
Au fond, Rambo n'est il pas un avatar du mouvement punk? Certes, sa coiffure dénonce son goût prononcé pour le heavy métal beauf des 80's façon Europe, mais toute la critique sous-jacente de la société moderne et de la place qui y est faite à l'individu présente dans l'ensemble de la trilogie placent naturellement Rambo comme un des héritiers de Sid Vicious. Parcequ'en fait, qu'est ce que c'est que Rambo sinon quelqu'un qui préfère risquer sa vie sous les balles plutôt que de pousser docilement un caddie? Hein?
Rambo n'annonce t-il pas l'ère George W Bush et une nouvelle mort de l'idéalisme? C'est une question qui mérite d'être soulevée. Rambo a été "trahi" par son pays qui ne lui donne pas la place qu'il mérite à son retour de la guerre, mais aussi par le fonctionnaire des services secrets dans le second volet de Rambo. Et dans Rambo III, celui-ci refuse d'intervenir dans un conflit pour des motifs idéologiques; ce qui le décidera à rempiler c'est uniquement le fait que son chef et ami le colonel Trautman a été fait prisonnier. Dans notre monde postmoderne, Rambo laché par les puissants ne se bat plus que pour lui et les autres, les idéaux, eux, sont morts depuis longtemps. Comment ne pas y voir une allusion prémonitoire au récent conflit Irakien ou les GI's engagés sous des motifs bidons et livrés à eux-mêmes ne se battent plus que pour leurs frères d'armes? Ah ben oui, forcément, tout s'éclaire...
Alors je dis "Assez!". Le cinéma d'auteur est peut être ailleurs que là ou l'attend. "Taxi Driver" et "Rambo", même combat! Puisqu'il s'agit à chaque fois de l'histoire d'un ancien combattant du Vietnâm qui n'arrive pas à se réinsérer, je me demande bien pourquoi il est de si bon ton de se pâmer devant les exploits du premier, Travis Bickle alias Robert de Niro qui, comme seuls faits d'armes dans le film Taxi Driver, conduit un taxi, drague une pute mineure et sait tout juste manier un pisolet automatique. Alors que louer les exploits de Rambo qui, dénué des états d'âmes et de la sensiblerie qui perdent l'Homme contemporain, joue sa vie à chaque seconde en tuant les méchants avec toutes sortes d'armes lourdes pour un monde plus juste, vous expose aux pires railleries de la part des auto-proclamés Cinéphiles.
Pour finir je ne peux me retenir de faire figurer ici ce teaser du nouveau Rambo, sobrement intitulé John Rambo. "When war is in your blood (...), killing is easy as breathing". "Die for something or live for nothing". Encore de grands enseignements à méditer (sortie en février en France).
Quelques réfléxions qui me sont venues ces derniers jours, en vacances à Paris. J'ai passé le plus clair de mon temps avec une personne du sexe féminin, que j'ai donc appelé La Fille.
BOULEVARD SAINT MICHEL
"Les marchands de malappris Qui d'ailleurs ont déjà tout pris Viennent vendre leurs habits en librairie"
(Alain Souchon, Rive gauche, 1999)
En me promenant boulevard Saint-Michel avec La Fille, je me suis rendu compte que la librairie PUF avait été remplacée par un magasin de la marque de vêtements de prestige Delaveine. Rien que ça. Alors voila, juste par curiosité je voudrais bien avoir une courbe de l'évolution des quotients intellectuels moyens des personnes qui fréquentent ce lieu, depuis l'époque ou c'était une librairie, et pas des moindres, à nos jours.
Delaveine est une marque de vêtements dont raffolent les amateurs de skyblogs. Je n'ai jamais rien compris à ce qui s'était passé avec cette marque, avant elle était vendue dans le métro, maintenant les magasins pullulent, alors que c'est toujours aussi moche (voir plus, parceque maintenant il y a plus de recherche dans le laid). En fait pour moi Delaveine est un véritable défi lancé au sens ésthétique de chacun. Comment des gens peuvent ils s'enthousiasmer à ce point pour des fringues pareilles? Extrait du site Ciao.fr, le site de ceux qui n'ont rien à faire de leur temps et qui du coup font des reviews sur tout ce qui les entourent :
"DELAVEINE c'est donc une marque qui habille des pieds à la tête : chaussures, pantalons/jeans, sous-vêtements, ceintures, t-shirt/polo/gilet/veste, lunettes/casquette…Malheureusement pour ma copine la marque est réservée aux HOMMES ! ;-) A part les chaussettes et chaussures ça m'arrive d'être entièrement habillé de la marque."
C'est tellement triste que je n'en rajoutterai pas.
Alors voila, devant un contraste tellement violent que je le trouve limite provoquant (PUF/Delaveine), et bien juste par curiosité je voudrais bien avoir une courbe de l'évolution des quotients intellectuels moyens des personnes qui fréquentent ce lieu, depuis l'époque ou c'était une librairie, et pas des moindres, à nos jours. Un petit élément de réponse : voici de quoi mettre une tête sur les parias des mannequins masculins, ceux qui souffrent de se voir bléssés dans leur dignité humaine, les modèles de Delaveine...
"J'aime bien réfléchir au sens de la vie; parfois je lis 20 minutes"
"Souvent, quand je me touche la tempe, les filles croient que je pense"
LES VITRINES DES GRANDS MAGASINS
Crédits : EDF hall of fame
La semaine dernière toujours, je me suis promené du côté des grands magasins toujours avec La Fille. Je ne voulais pas, mais je m'y suis résigné, à me taper ces magasins diaboliques. Comme tout le monde je suis soummis au devoir des cadeaux de Noel, alors j'aurais voulu fuir cette foule hystérique, ou bien expliquer à tout le monde que je n'étais pas là pour les mêmes raisons qu'eux, que je ne faisais que passer, leur mentir en racontant que j'avais déja fait mes cadeaux depuis longtemps, et que je venais acheter des piles pour ma télécommande, mais non...Je me suis incorporé à cette masse humaine et j'ai fait ces putains de courses si peu originales.
En sortant, j'ai pu constater que comme chaque année, la circulation à pied était bloquée sur le boulevard Haussmann, à cause des gens, ididots, qui restent 3 plombes en extase devant les "vitrines de Noel". Allons, bon, c'est tous les ans la même chose ces vitrines, et tous ces propriétaires de poussettes feraient aussi bien de mettre leurs gamins devant des DVD de Dora l'exploratrice ou même de Shakira, voir de Shakira l'exploratrice, je pense que ça leur plaîrait autant et qu'ils prendraient moins de place sur le trottoir. Ah mais non, mais c'est LES vitrines de Noel. Il faut avoir trainé ses chiards devant ces putains de vitrines, pas pour leur faire plaisir non, mais parceque ça fait partie du parcours initiatique des parents d'enfants en bas-age présents à Paris pour Noel.
Bien sûr ça vole très haut le niveau des vitrines, et les parents profitent du prétexte qu'ils sont là pour les enfants pour se vautrer à leur tour dans la bétise enfantine des représentations de nounours. Pourquoi ne pas montrer aux enfants ce que c'est que la vraie vie, en leur projetant des images des marines de 18 ans victimes d'attentats terroristes en Irak hein? Plûtot que de les entretenir dans la croyance qu'il existe des ours en peluche de toutes les couleurs qui sont très gentils et qui vivent heureux cachés quelquepart? Alors moi, en les voyant, j'ai rêvé très fort que je pouvais changer tous les personnages de ces vitrines et les remplacer par des cadavres d'animaux morts se désarticulant sur quelque morceau de Rammstein, là j'aurais ma vengeance et des cris angoissés d'enfants jailliraient de ce qui ressemble en ce moment à la plus grosse débauche de mièvrerie jamais orchestrée.
RAPPEL SUR LE VOCABULAIRE
Comme je l'avais déja évoqué dans mon article sur l'alcool, je travaille avec des gens fins. A ce propos, j'ai récemment appris, je m'adresse là à ceux qui ont lu l'article, que lorsque l'on entend quelqu'un crier "présent" au bruit que fait le bouchon lorsqu'on débouche une bouteille, il faut répondre dans la foulée "Et pour l'amour, partant!". Voila, c'est une petite précision histoire de, au cas ou j'aurais affaire à des puristes.
Donc, j'ai appris pas mal de choses ces temps-ci, par exemple j'ai appris qu' "empêguer une radasse" signifait avoir courtisé une mère de famille d'une quarantaine d'années qui vous a accordé ses faveurs.
Bon et puis j'ai appris quelques autres expressions très fines :
* Pour clôre une conversation tumultueuse:
"Ta mère c'est la moins chère"
*Pour parler d'une fille maquée:
"C'est pas parcequ'il y a un gardien qu'on peut pas marquer de but"
*Pour justifier un écart de conduite:
"Du moment qu'il y a gazon y a match"
Gardez les au frais elles feront un effet remarquable devant la soirée TV "Le plus grand cabaret du monde" pour le réveillon.
LE CASINO D'ENGHIEN OU LE REVE AMERICAIN REVISITé
Intérieur du casino d'Enghien
(en France, certains architectes d'intérieur, exerceraient leur profession sans aucun diplôme)
La semaine dernière toujours, alors que je me trouvai avec La Fille, celle-ci me suggère dans un éclair de lucidité, après avoir squatté tous les cafés que compte la capitale, toujours aux pires places (courant d'air, vitrine etc...), d'aller passer la soirée à Enghien au casino (pas le supermarché, l'établissement de jeu quoi). Mon instinct de méta-beauf ne s'est pas fait prié, et je me voyai, déja ravi à l'idée de garer ma Ford immatriculée en province près des Opel Vectra et autres R19 cabriolets des accros au jeu, sur le parking d'un Casino rutilant.
Alors, petit rappel, le casino d'Enghien c'est le casino le plus proche de Paris, parcequ'un établissement de ce genre ne saurait trouver place dans les murs de la capitale, selon une loi qui date sûrement de l'adolescence du Père Fourras (oui, l'époque ou il s'est laissé pousser les cheveux). Alors dans mon esprit, qui est toujours très productif lorsqu'il s'agit de choses accessoires, je me voyais déja rouler des kilomètres de nuit dans une fôret lugubre avant d'atteindre un casino perdu au mileu de nulle part, et tout ça serait très romanesque. En fait non. Déja, la distance de Paris au casino est de 14km, pas de 100 comme je me l'imaginai. Donc pas de foret bondée de cerfs nous saluant sur le chemin, mais un charmant dédale dans le 9-3 en suivant la "route des kebabs" qui balisent la route à la manière des phares sur les côtes. En tant que petit con du 16ème, ma connaissance de la banlieue Nord s'arrête à la gare Saint-Lazarre, tout juste si je me rappelle comment on va chez Ikéa. Enfin là, après avoir suivi les indications de plusieurs marabouts, nous nous trouvons enfin devant une bâtisse qui ressemble fort à une annexe d'Eurodisney, et un parc qui pourrait être le résultat d'un braquage de grande ampleur chez Jardiland.
(je ne comprends rien à ces changements d'interlignes...)
D'entrée de jeu, je préviens, on me la fait pas à moi, je suis pas venu pour me faire entuber. Ou plutôt si, je sais que je vais me faire entuber mais de toute façon je m'en fous ça sera pas de beaucoup. Alors je viens avec 40 euros en cash point barre. Manque de pot, après avoir vérifié nos identités avec plus d'assiduité qu'un flic américain ne le ferait à des passagers arrivés d'un vol de Kaboul airlines, nous sommes priés de nous acquiter d'un droit d'entrée. 30 euros à deux. M'en fous je peux retirer dans le casino. Déja j'ai perdu et ma résolution ne tient plus. Bon bref, c'est pas grave parceque nous avons droit, du coup, grâce au ticket d'entrée, à deux consos gratuites, comme dans les boîtes de nuit les plus hypes! On décide donc de se poser au bar, après avoir franchi une salle pleine de gens tendus comme des strings qui jouent de l'argent à des jeux de cartes qui m'apparaissent on ne peut plus ésotériques, moi qui sait à peine jouer aux sept familles.
Là, premier constat, le lieu me fait furieusement penser niveau déco au Pacific Princess, le paquebot de "La Croisière S'Amuse", avec des lustres qui vomissent du (faux) cristal à n'en plus finir. Cette sensation est accrue par le fait que les joueurs et joueuses présents ont tous des têtes des années 80. Sans la présence de quelques téléphones portables j'aurais commencé à envisager sérieusement l'hypothèse d'être tombé dans un espace-temps. Ensuite, niveau vulgarité, le spectacle est croustillant ; il y a là des pelletées de blaireaux brushés qui dînent avec des poses sérieuses dans un décor blanc cassé avec en plus une potiche moche sur une estrade qui chante du pseudo jazz d'ambiance (c'est à dire que tout le monde s'en fout). A peine si ce tableau est troublé par l'arrivée inopinée (saluée comme il se doit par les dineurs ébahis) d'un gros gateau qui crachait des étincelles en veux tu en voila (oui ça s'appelle une fontaine à gâteau ce truc), moment ou la potiche a entonné un "happy birthday" mal réchauffé avec des airs pitoyables de Marilyn de ZUP.
Le Fille et moi, au bar, on a présenté un peu honteux nos tickets au barman, lui signifiant notre conso "offerte". Quand j'ai eu la confirmation qu'on pouvait prendre un alcool, je me suis mis à loucher sur les Whiskeys, mais le barman nous a alors expliqué que l'alcool était imposé, et que c'était un punch (à priori un truc dégueu). Mais comme à ce moment, nous n'étions pas à une faute de goût près, nous avons quand même demandé ce breuvage dont nous boirons finalement 3 gorgées chacun avant d'arrêter de faire semblant. Qui plus est, nous avons été servi dans des verres marqués en gros "consommation offerte". Mon Dieu quelle horreur, nous étions décidément les parias du bar, entourés de gens silencieux mais qui n'en pensaient sûrement pas moins. J'ai quand même pris le temps de faire remarquer à La Fille que vraiment, je lui vendais du rêve de princesse en barre.
Ensuite nous sommes allés dépenser frénétiquement l'argent prévu dans les machines à sous. Les machines à sous, c'est un endroit ou les gens sont encore plus moches, du genre qui croupiraient depuis longtemps dans les geôles de la République si la laideur était illégale. On a gagné 25 euros qu'on s'est empressés de reperdre dans un élan frénétique de celui qui croit que quand même parfois ça arrive pas que dans les films la chance etc...
A un moment, alors que nous quittions la Babylone du 9-3, La Fille me suggère de faire attention en redémarrant mon bolide, aux bornes métaliques disposées là par la municipalité pour interdire certaines zones au stationement. Je lui répond avec l'assurance tranquille d'un Charles Bronson en plus sûr de moi encore que je me met ma fièreté dans le fait que je n'ai jamais cartonné mon automobile. 0,25 secondes après la fin de ma phrase, un choc sourd nous signifie que j'ai enfoncé le parre-choc sur une des bornes, ce qui déclenche chez La Fille un fou-rire interminable, auquel je refuse de me joindre, du moins dans premier temps, bléssé dans mon orgueil...
Bilan, selon l'adage bien connu des joueurs de loto-foot, "Malheureux au jeu, heureux en amour". Alors tant mieux.
Oui mais pour "Malheureux en parre-choc?"..."Heureux en déli-choc"? non ça ne veut rien dire...Alors tant pis.
ENCORE UN AVEU
En voiture, j'ai de temps en temps, comme beaucoup, des crises de lyrisme en fonction de ce que crache ma sono. Et dernièrement, en voiture avec La Fille toujours, la reprise d' "Aimer a perdre la raison" par Les Enfoirés m'a mis dans un état second voir troisième, volume à fond sur le périph'...Alors oui j'avoue, je me rend, j'aime cette chanson, même si j'ai cherché à me convaincre du contraire, même si elle est foncièrement gentille et pleine de bons sentiments. Et puis en ce moment j'ai le coeur spécialement attendri alors je m'offre cette parenthèse . Ensuite je retournerai écouter de la musique de méchants. Et puis ce blog est anonyme alors je m'en fous. Au fond je crois que j'aime trop les gens...